Les Brumes de Babel - Prologue




Salut les amis!

Le blog, et mes écrits en général, étaient à l'état végétatif depuis belle lurette. Entre maintes raisons, c'est parce que je mettais en place un nouveau projet, un nouvel univers qui donnera naissance à une série de romans fantasy!

Je vous partage ici le prologue de ce nouvel écrit.
N'hésitez pas à commenter, à me signaler des fautes, maladresses, ou à me faire des suggestions! Je ne mords pas! (enfin, si, mais pas fort)

Vous pouvez lire directement ici, ou encore télécharger le fichier texte sur ce lien:
Les Brumes de Babel - Prologue.rtf


Prologue


Le ciel était sombre dans les marais. Bien qu’ailleurs, le soleil soit encore haut dans le ciel, l’endroit dans lequel avançait péniblement une jeune femme au teint pâle ne laisse filtrer que quelques rayons, à l’intensité affaiblie par la fatigue de la traversée des nuages gris, de la pluie battante et du brouillard fumant.
La région de Noirsmarais était connue pour son environnement hostile et son climat sombre, mais cela n’empêchait pas la jeune femme d’aligner pas sur pas avec détermination. De taille moyenne, elle paraissait, en l’instant, plus petite, car son dos se courbait suite à la longue marche qu’elle avait déjà effectuée, et au poids de l’étrange bagage qu’elle portait.
Si l’on mettait de côté les cernes liés au manque de sommeil, les joues creuses dues à la malnutrition et cet aspect sali inévitable lorsque l’on sillonne les sentiers humides et dangereusement mouvants des marais, elle était très belle.  Âgée d’une vingtaine d’années, vingt-cinq tout au plus, elle arborait, sous sa cape, une chevelure noire de longueur moyenne, des yeux verts émeraude au regard profond, et un corps svelte.
Malgré sa détermination, la jeune femme semblait contrariée. Elle jetait constamment des regards furtifs derrière elle, comme si elle avait peur d’être suivie, ou attaquée par l’une des créatures sauvages régnant sur ces lieux désolés. A chaque faux pas, sa main se positionnait par réflexe sur son bagage, comme si celui-ci était trop précieux pour tomber, ou recevoir un choc quelconque.
C’était effectivement le cas. En regardant de près, le fardeau de la jeune femme se composait d’un panier recouvert de multiples couvertures. Et, à peine visible sous cet abri, avec juste un petit espace pour voir et respirer, dormait un bébé.
La voyageuses continua sa route au sein  de l'obscurité. Elle tentait d'ignorer le harcèlement des insectes volants omniprésents, qui bourdonnaient sans cesse autour d'elle. Un cri strident retentit au loin. Elle ne tressaillit même pas. Etait-ce de la vaillance ou du désespoir, nul n'aurait su le dire. Mais, puisant dans ses dernières forces, elle avançait.
C'est à la nuit tombée, alors que les ténèbres devenaient omniprésentes en ces lieux, qu'elle atteint un village. La jeune femme poussa un faible soupir de soulagement. Elle savait que dans le noir total, les marais étaient bien plus dangereux encore. Que de sombres créatures quittaient leurs tanières. On racontait même que la nature s'animait, comme si la terre détrempée prenait vie, et tentait, affamée, d'engloutir les imprudents qui osaient la fouler.
Le village qu'elle avait atteint était plus vaste qu'elle l'aurait cru. Il s'agissait certainement d'un des plus importants de la région. De nombreuses torches perçaient les ténèbres et rendaient possible les déplacements, sans que l'on puisse pour autant qualifier l'endroit de lumineux. La cité était construite sur des platfeormes de bois massif, et tout en ces lieux, chemins et maisons, surplombait d'un mètre ou deux un vaste étang aux eaux marécageuses. La jeune femme atteint l'étal d'un marchand. Celui-ci devait, selon toute vraisemblance, profiter d'un profond sommeil, bien au chaud dans l'une des habitations alentours. Elle détacha précautionneusement son bagage, et pris le bébé dans ses bras. Son regard devint triste, encore plus qu'il ne l'était auparavant, si tant est que cela soit imaginable. Mais une lueur d'espoir parcourait également ses pupilles. Elle déposa l'enfant sur l'étal, à un endroit où il ne saurait tomber s'il venait à bouger, et à l'abri du vent et du suintement du brouillard.
« Grandis, mon coeur. Vis pour nous deux. Je ne t'oublierais jamais. »
Elle glissa une lettre entre les plis des couvertures, puis lui déposa un baiser sur le front. Après quoi, elle le laissa là, et s'enfuit. Sans un regard en arrière, pour cacher ses larmes. Elle sortit du village par le côté opposé, et rejoignit la nature sauvage. Elle courut, usant de forces qu'elle ne possédait plus. Puis elle s'effondra. Lorsque son visage heurta le sol boueux, celui-ci gronda. Il se déforma et entrepris de commencer à l'engloutir. Puis, pris de pitié par temps de désespoir chez sa proie, par tant d'indifférence à l'idée d'être dévoré, il s'interrompit. Une racine bougea, en enlaça la jeune femme, l'attirant jusqu'à un renfoncement de paroi rocheuse. Un corbeau se posa près d'elle, et laissa tomber à ses pieds une pomme, qu'elle découvrirait et dégusterait à son réveil...

Ã

Des jours avaient passé depuis son départ du village au sein de Noirsmarais. La jeune femme avait désormais quitté la région, en se dirigeait vers la frontière des Neuf Fiefs. Elle arpentait en ce moment même les steppes arides et rocailleuses qui al séparaient de la Ligne de Pierre. Il s'agissait d'une longue muraille, sillonnant l'ensemble d'une chaîne de montagnes. L'édifice marquait la fin du monde connu. Le mur entre la civilisation des Neuf Fiefs, et les mystérieuses Brumes de Babel, lieu de légendes, inspirant la terreur au commun des hommes, car l'on n'en savait que peu de choses, si ce n'est que l'endroit abritait une tour. Une tour immense, car nulle expédition ne l'avait atteinte, aussi loin ait-elle osé s'aventurer, alors qu'elle apparaissait déjà, d'ici dans les steppes, dominant la Ligne de Pierre, les sommets montagneux, et les plus haut nuages.

La voyageuses laissa peu à peu les steppes de Frontière derrière elle. Elle atteint la Porte des Brumes, premier pas vers son exil solitaire. Des gardes étaient présents. Issus  de la Confrérie des Lames, ils étaient des combattants hors-pairs, plus dangereux dans un combat mortel que n'importe lequel des autres chevaliers des Fiefs, et même que les renommés Gardiens de Citadel. Mais elle les ignora, et ils firent de même. Leur mission était d'empêcher le passage dans l'autre sens. Un personne se rendant dans les Brumes, certes était chose rare, mais pas interdite. L'un d'eux entreprit d'ouvrir la lourde grille, sans la questionner. Il lança un ordre à ceux postés dans l'enceinte de pierre, et ces derniers actionnèrent un mécanisme. La porte vrombit, puis commença à s'écarte, chacun de ses énormes montants de roc regagnant son interstice dans le mur. La jeune femme la dépassa, non sans remarquer qu'elle était haute de plusieurs dizaines de mètres, et large de plusieurs. Ni qu'elle n'était pourtant rien, comparée à l'imposante masse de la Ligne de Pierre elle-même.  Elle fit alors son premier pas hors des Fiefs. Dans un bruit de tonnerre, le monstre de roche se refermait lentement derrière elle. Au devant s'étendait le début de l'inconnu. A première vue, cela ne semblait guère plus dangereux que les routes de son pays. Des plaines inégales, façonnées par des petites collines, quelques arbres et buissons, des corniches et des points d'eau éparpillés. Mais ce sentiment de territoire connu et de sécurité allait s'estomper. Elle le savait, car à l'horizon, où se dessinait la lisière d'une vaste forêt, démarrait la Brume.

Ã

Les premières heures au sein de la végétation humide se déroulèrent sans encombres pour la jeune femme. D'ici, elle ne voyait plus la tour, car la forêt était si dense qu'elle cachait les cieux à ceux qui l'arpentaient. Les plantes et animaux présents étaient différents de ceux qu'elle avait pu connaître dans les fiefs. Certes, ils présentaient des caractéristiques proches, comme pour signifier qu'ils appartenaient à l'évolution d'une même espèce, mais on ne pouvait que remarquer une énorme différence. Chacun des êtres vivants dans cette contrée pouvait se défendre. Ce qui signifiait que les plus grands prédateurs devaient être redoutables.
La voyageuses interrompit sa marche en entendant un bourdonnement. Il semblait proche, tant le son se faisait sourd. Pourtant, elle n'en distingua la source qu'à plusieurs dizaines de mètres. Suspendue à un grand chêne - ou du moins, à ce qui se rapprochait le plus d'un chêne si l'on excluait ses racines barbelées et ses épines rétractables - une structure de ronces circulaire se balançait. Elle mesurait la taille d'une cabane d'enfants, mais abritait une compagnie bien moins innocente. Des insectes volants gros comme le poing, en nombre incalculable. La jeune femme hésita. Etaient-ils agressifs? Fallait-il les contourner, ou simplement passer sans les importuner? Et surtout, avaient-ils déjà remarqué sa présence?
La réponse ne se fit pas attendre. Une partie de l'essaim se mit à tourbillonner, et fondit dans sa direction. La jeune femme ne craignait pas la mort. Après tout, que pouvait-elle encore perdre. Pourtant, cette fois, elle hurla. Lorsqu'ils furent quasiment sur elle, leur forme devint plus évidente. Il s'agissait de mouches, sans aucun doute, mais bien trop grosses, et recouvertes d'une carapace d'acier aux finitions telles qu'elle leur donnait l'apparence d'une armure chevaleresque. Quand à leurs pattes, elles étaient munis de pointes de métal argenté. Si l'on devait donner un nom à ces créatures, celui qui conviendrait serait certainement "mouches de guerre". Car elles feraient sans conteste trembler une armée.
Les insectes étaient prêts à la transpercer de toute part lorsqu'un grondement retentit, suivit de bruissements de feuilles venus de tous sens. Les assaillants reculèrent un instant. Leur vol devint moins coordonné, comme si leur instinct les dissuadait de poursuivre leur assaut. Puis, toute formes de végétation surgirent autour de la jeune femme. Du lierre, des ronces, des arbres et des fourrés. Tous, oeuvrant ensemble, l'enveloppèrent comme dans un cocon. Elle était à l'abri. La nature avait, encore une fois, et pour une raison incompréhensible, volé à son secours. Mais elle ne s'arrêta pas là. Le cocon s'élargit, et les murailles végétales tracèrent un sentier au devant, le recouvrant rapidement d'un dôme protecteur.
La jeune femme était ébahie. La forêt lui traçait une route. Un havre sans danger aucun, qui sillonnait ce territoire hostile inlassablement. Elle ignorait où elle souhaitait se rendre, et tout autant où cette route végétale souhaitait l'amener. Mais la nature l'avait sauvée, déjà par deux fois. Alors, elle décida de lui faire confiance, et repris sa marche. Vers l'inconnu. Vers ce qui était peut-être son destin.

Ã

Plusieurs jours et nuits s'écoulèrent tandis que notre voyageuse sillonnait le chemin végétal. Elle avait pu apercevoir, à travers les contours, la Tour. Celle-ci, bien qu'elle semblât toujours immense, était désormais loin derrière elle, au nord-ouest si son sens de l'orientation ne la trompait pas. Tout le trajet s'était bien sûr déroulé sans encombres, les murailles de ronces et de racines ayant rempli leur ouvrage à la perfection.
Ce ne fût qu'après avoir perdu la notion du temps que la jeune femme découvrit enfin le bout du chemin. Elle fit donc ses derniers pas dans le havre protecteur, et le laissa derrière elle, non sans regrets, car cette manifestation des éléments était, pour elle, la chose la plus proche d'un ami.
Elle posa finalement le pied sur un sol rocailleux. Derrière elle, le sentier vivant s'affaissa peu à peu et se retira. La forêt rentrait chez elle. Le paysage alentours était relativement plat, mais ponctué de falaises escarpées. La terre était grisâtre, comme si elle avait été dévorée par les flammes durant des années. Mais ce qui attira le regard de l'étrangère se trouvait plus loin. Il était difficile d'évaluer la distance qui la séparait de l'endroit, mais elle distinguait clairement un immense gouffre circulaire. Une gueule noire qui semblait vouloir avaler le monde entier.
Pourquoi le chemin l'avait-il conduite ici? Devrait-elle descendre dans les entrailles de cette terre inconnue? Elle l'ignorait, et appréhendait la réponse. Mais les alentours n'étant que terre brûlée à perte de vue, elle ne disposait pas d'autre choix. Elle entreprit de se rapprocher du gouffre, effrayée et curieuse. Celui-ci semblait toujours aussi loin, pas après pas, mètre après mètre, et pourtant. Pourtant il grandissait et gagnait en monstruosité sans cesse alors qu'elle approchait. Le trou devait être plus large que la capitale des Neuf-Fiefs...

Ã

Si elle avait cru, au premier abord, que le noir total l'attendait dans le gouffre, la voyageuse fut vite détrompée. En effet, plus elle s'enfonçait dans les profondeurs, plus vifs devenaient les éclats rouges qui scintillaient depuis les parois. Cette luminosité provenait de cristaux étranges, qui parsemaient la roche comme des tâches de rousseur. Il ressemblaient à de maigres rubis, tout en étant des sources de lumière.
La jeune femme s'enfonçait au coeur de la terre sans cesse, suivant des sentiers escarpés qui longeaient les bords, et empruntant des escaliers taillés dans la pierre sombre. Une chaleur suintante émanait des lieux, et se faisait de plus en plus forte. C'est à plusieurs kilomètres de la surface qu'elle compris que le gouffre abritait des volcans. De la lave s'échappait des parois, formant des rivières, lacs et cascades de liquide en fusion. L'état du sol en haut était-il dû à de violentes éruptions provenant de ce cratère? Elle l'ignorait, et pria pour que ce ne soit pas le cas, car si le monstre se réveillait maintenant, c'en était fini d'elle.
Ce qui la sorti de ces interrogations, toutefois, était encore plus invraisemblable que l'existence de cet endroit. Un mouvement. Puis deux. Puis plusieurs. Un peu plus bas, il y avait du monde. Les profondeurs du monde était habitées.
Elle chercha à distinguer la nature de ceux qui vivaient là, espérant qu'un des habitants passe devant la lueur des pierres luisantes qui devenaient parfois grosses comme des menhirs désormais. Lorsque ce fut le cas, elle hoqueta de surprise. Celui qu'elle avait vu ressemblait à un homme. Il en avait la physionomie. Mais il volait. Perché sur une créature aux ailes de chauve-souris bien plus grand que lui.
La voyageuse se souvint des légendes qu'on lui racontait enfant, et son coeur se serra. Si ses yeux ne l'avaient pas trompés, elle avait découvert le repaire des Sangdragons, un peuple mythique, connu pour pratiquer la magie, et commander aux monstres ailés les plus indomptables: les dragons et les wyverns.
Elle continua sa descente sans cesser de scruter en contrebas, dans l'espoir d'en apercevoir un à nouveau. Si bien qu'elle ne se rendit pas compte que l'un des résidants était déjà venu lui rendre visite, perché sur sa monture et posé sur un rocher à quelques mètres derrière elle.
- Drôle d'endroit, pour une randonnée, n'est-ce pas? lança-t-il.
La jeune femme sursauta. Lorsqu'elle se retourna pour faire face à son interlocuteur, elle pu confirmer sa pensée. Aucun doute, c'était un Sangdragon. Fidèle aux légendes. Sa morphologie était totalement humaine, bien qu'il soit grand, comparé aux normes dans les Neuf Fiefs. Il revêtait une armure légère qui scintillait d'azur et d'argent, et sur laquelle étaient gravés des symboles runiques, qui selon les anciens et les mages, étaient autrefois un langage autant qu'une source de pouvoir. Il semblait jeune, une trentaine d'années tout au plus, mais comme il n'était pas vraiment humain, il pouvait très bien en avoir des centaines de plus. Sa chevelure, dépassant légèrement de son heaume dont il avait relevé la visière, était d'argent, et ses yeux d'or.
Quant à son compagnon ailé, elle pensa deviner qu'il s'agissait d'un wyvern. Ces derniers étaient très similaires aux dragons, mais avaient la particularité de parfois cracher autre chose que du feu, et d'être, certes un peu plus fins, mais munis d'écailles encore plus solides, ce qui en faisaient des monstres indestructibles dans un combat rapproché. Si certains récits contaient le triomphe de certains chevaliers des Fiefs face à un dragon, nul ne terminait aussi bien quand il s'agissait d'un wyvern. Le plus souvent, le vaillant chevalier portait une courageuse botte en direction du coeur de la bête, mais au lieu de s'enfoncer dans la chair comme la lame l'aurait fait avec un dragon, elle se brisait en miettes sur les écailles indestructibles de la bête, et l'homme finissait dévoré.
Notre amie reprit contenance malgré tout. Rien ne prouvait, à l'heure actuelle, que le Sangdragon ait des intentions belliqueuses à son égard. Qui plus est, la fuite n'était pas une options. Elle lui répondit:
- J'ai été... conduite ici.
Son vis-à-vis sembla surpris.
- Conduite? Par qui? Peu de guides s'aventureraient en ces lieux.
- Par... par le destin. Je pense, murmura-t-elle.
Un homme des fiefs aurait éclaté de rire, et l'aurait renvoyé d'où elle venait, la pensant folle. Le Sangdragon n'en fit rien.
- C'est sûrement vrai, très chère. Car le destin est le seul guide assez fort pour amener quelqu'un jusqu'au Grand Gouffre. Je me nomme Grey Arkanis. Et comme vous le savez déjà certainement, j'appartiens aux Sangdragons. Me feriez-vous l'honneur de m'accompagner plus bas?
- Assurément, répondit la jeune femme.
Elle n'avait pas vraiment le choix, mais personne ne l'avait capturée à proprement parler. Elle était traitée avec respect, pas ligotée ni enchaînée. Ces gens ne lui voulaient aucun mal. Du moins pour l'instant. A mesure qu'ils approchaient d'un plateau suspendu au milieu du gouffre, le Sangdragon repris la parole:
- J'ai, semblerait-il, omis de vous demander votre nom.
La jeune femme haussa les épaules.
- Vous n'avez rien omis. Considérez que je n'ai aucun nom. Celui que je possédait est resté dans les fiefs, abandonné sur le seuil de la Porte des Brumes.

Ã

Le plateau qui semblait suspendu au milieu du gouffre était en réalité un énorme pilier provenant de plus profond dans l'antre. Il était, une fois atteint, bien plus étendu que la voyageuse l'avait imaginé de loin. Etalé sur plusieurs niveaux, desservis par des marches et des échelles, il abritait plusieurs plateformes se terminant par une corniche, qui servaient de piste d'envol pour les dragons et wyverns. On y trouvait aussi plusieurs grottes, façonnés par les Sangdragons, qui s'apparentaient aux maisons que l'on trouvait dans les fiefs, bien que leur intérieur soit différemment assorti, selon les us et coutumes des habitants. Plusieurs rivières de lave parcouraient les lieux, et des ponts de pierre les enjambaient.
Tout était prévu pour rendre les déplacements faciles à pieds, car les créatures ailées ne vivaient pas ici, mais dans d'autres grottes, disséminées autour du gouffre.
Celui qui se faisait appeler Grey conduisit la jeune femme dans une vaste sale. Il y régnait une fraîcheur inhabituelle. Elle était ornée d'une table hexagonale, entouré de sièges de marbre. Un espace de quelques mètres de circonférence trônait au centre.
La voyageuse se trouvait justement là, désormais entourée de plusieurs des Sangdragons. Grey était encore debout, tandis que les autres siégaient, attendant qu'il prenne la parole. Ils étaient à la fois similaires et différents les uns des autres. Chacun dégageait une aura incroyable, une prestance qui laissait deviner une certaine sagesse alliée à un grand pouvoir magique. Pourtant, leurs traits, leur taille, et même leur couleur de peau divergeaient. Celui qui se trouvait à droite de Grey pianotait des doigts sur la table, apparemment impatient de savoir pourquoi on l'avait dérangé. Sous ses cheveux d'azur cependant, on lisait une expression intriguée. Un autre, plus âgé, portant la barbe blanche minutieusement taillée et arborant de multiples cicatrices, affichait un air renfrogné. L'un d'eux, à la peau noire, souriait allègrement, apparemment sans raison. La jeune femme en déduit qu'il était simplement de nature enjouée. Les autres, enfin, ne laissaient transparaître aucun état d'esprit particulier, affichant une expression neutre en attendant de savoir ce qui se passe. Grey finit par prendre la parole.
- Messieurs, je vous présente notre invitée, une voyageuse venue des Fiefs. Le cours du destin l'a conduite jusqu'à nous, et je vous ai réuni ce jour afin que notre conseil débatte de l'attitude à adopter.
Personne ne parla. Le Sangdragon continua sur sa lancée:
- Je ne vous donnerai pas son nom, car elle n'en a plus. Sa personnalité est resté dans les Fiefs, avec son passé. Je propose cependant à ceux d'ente vous qui le souhaitent de se présenter à elle.
Il écarta les bras, signifiant qu'il laissait la parole. Le plus âgé sorti de son silence:
- Je garderais mon nom pour moi, Grey. Tu sais que dans nos coutumes, nous ne le divulguons qu'aux nôtres, ou aux adversaires ayant gagné notre respect. Pour le moment, cette drôlesse ne correspond à aucun des deux cas.
La voyageuse esquissa un sourire en coin, qui passa inaperçu. Elle se moquait royalement de connaître leur nom. Celui à la longue chevelure d'azur, cependant, ne partageait pas le point de vue de son aîné.
- Il semblerait que certains d'entre nous craignent de révéler leur identité à une humaine fatiguée et affamée. Je peux comprendre cela, les créatures des Brumes et du Gouffre de Babel sont sans danger, mais qui sait ce que pourrait nous faire une simple humaine désarmée.
Le Sangdragon noir sourit de plus belle, amusé par l'ironie de son compatriote. L'autre continua:
- Pour ma part, voyageuse égarée, je vais te révéler mon identité. Je me nomme Kaïne Ferazur. Et puisque personne n'a encore daigné te l'expliquer, tu as actuellement affaire au Conseil des Arcanes, constitué des plus puissants - bien que cela reste à prouver - des Sangdragons. Nous ne régnons pas sur notre peuple à proprement parler, mais faisons tout de même office d'autorité pour certaines prises de décision.
Elle hocha la tête. Ainsi, elle était entourée par la fine crème de cette race légendaire. Au moins, elle n'avait pas fait le déplacement pour rien, quoi qu'il arrive.
Le souriant remua, puis pris la suite de Kaïne:
- Mon ami, si l'on passe les petites piques et la pointe d'ironie, a dit vrai. Je me nomme moi-même Ezekiel Ekko. Quant à ton avenir, ma chère, je ne veux pas t'effrayer, mais je préfère te prévenir: nous n'hébergeons pas d'étrangers. Si personne ne juge que tu as une bonne raison de te trouver là, tu seras exécutée, ou reconduite au sommet du gouffre. Entre nous, c'est du pareil au même.
Il avait dit tout cela sans animosité aucune, mais les choses s'annonçaient mal. Elle n'avait absolument aucun argument à sa présence ici, en dehors de l'explication qu'elle avait donnée à Grey. Elle était un peu plus entrée dans les détails durant la descente vers le plateau, et elle s'en remettait désormais à lui.
Les autres gardèrent le silence, sourds à la provocation de Kaïne. Grey, qui présidait la séance actuelle, lança les votes par une question simple:
- Que ceux qui pensent que le destin est une bonne raison de se trouver là lèvent le main!
L'ancien grogna, mais laissa ses deux mains fermement ancrés sur le table. Ceux qui ne s'étaient pas prononcés ne bougèrent pas d'un pouce. Le Sangdragon aux cheveux d'argent, qui avait cru à son histoire, avait la main levée. Il était pour l'instant seul, avant qu'un autre ne le suive.
- Je ne voudrais pas que tu te sentes seul, Grey. Ça ne change rien dans l'immédiat, mais je suis avec toi, lança Kaïne.
Le basané sourit de plus belle, fit patienter un moment l'assemblée, plus leva le bras également. Cela ne faisait malgré tout que trois votes. Sur huit personnes. L'ancien recula sa chaise, victorieux:
- Et bien, voila une bonne chose de faite. Laisse tomber tes intuitions foireuses et les anciennes prophéties Grey. Le vote est clos. Elle sera exécutée ou remontée. Elle n'a plus qu'à choisir.
La jeune femme tressaillit. Aucune des possibilités ne l'enchantaient. Elle choisirait bien évidemment le retour à la surface, mais Ezekiel avait certainement raison, seule là-haut, les chances de survit étaient presque inexistantes.
- Il n'y a vraiment... aucune autre solution? quémanda-t-elle.
L'ancien la toisa avec indifférence. Dans son dos, Grey lui répondit cependant:
- Il y en a bien une.
Ses opposants lui jetèrent un regard noir.
- Tu ne comptes pas t'opposer à notre décision, Arkanis? siffla le barbu.
- Aucunement, mon vieil ami. Mais j'ai cru comprendre que tu ne crois pas aux anciennes prophéties, alors tu ne verras aucun inconvénient à ce qu l'exécution de notre invitée se déroule au Coeur du Monde, n'est-ce pas? répliqua l'intéressé.
L'autre se renfrogna à nouveau, puis haussa les épaules.
- Comme tu voudras. Si ça peut t'amuser.
Ils se levèrent tous de leur siège, et sortirent les uns après les autres de la pièce. La plupart n'adressèrent pas même un regard à la voyageuse condamné. La basané lui adressé un demi-sourire désolé, comme s'il ne donnait pas cher de sa peau malgré la proposition de Grey. Kaïne resta. La jeune femme se posta devant les deux.
- Vous ne voulez pas ma mort, n'est-ce pas? demanda-t-elle le plus sérieusement du monde.
Grey fit non de la tête.
- L'exécution d'un humain égaré ici m'indiffère au plus haut point, mais je sens en toi quelque chose de spécial. Et je sais que ton histoire est vraie. Personne n'irait inventer quelque chose d'aussi saugrenu.
- Alors, vous avez un plan? poursuivit-elle.
Il haussa les épaules.
- On peut dire ça. Le Coeur du Monde se trouve à la base du gouffre. Il s'agit d'une sphère noire d'énergie pure. D'après nos légendes, une humaine doit un jour s'unir avec elle, donnant naissance à notre déesse.
- Ce sera une sorte d'épreuve?
- Pas vraiment. Un jugement plutôt. Si tu es l'élue de la sphère, tu enteras en elle, et elle te livrera certainement des connaissances et des pouvoirs qui défient l'imagination des mortels. Si je me suis trompé, alors, tu seras consumée par l'énergie des lieux, et l'affaire sera close pour tout le monde.
Sur ces mots, il fit volte-face, et se dirigea vers la sortie de la salle. Kaïne l'interrompit:
- Tu ne l'emprisonnes pas?
- Pourquoi faire? répondit Grey. Crois-tu qu'elle puisse s'échapper? Le Coeur du Monde jugera demain. En attendant, elle est notre invitée. Veille à ce qu'elle ne manque de rien.
Le Sangdragon à la chevelure d'azur acquiesça.

Ã

Le temps était venu. Kaïne avait obéit à son ami, et la jeune femme avait été traité avec respect. Libre d'aller et venir, lit douillet, nourriture à volonté. Certains discutaient avec elle et s'intéressaient sincèrement à ce qu'elle pouvait leur conter sur la race humain, sur l'histoire des Neuf Fiefs, ainsi que sur son périple jusqu'au Gouffre. Pourtant, elle était nerveuse. Dans quelques minutes, elle serait jugée par une conscience immatérielle. Par un concentré d'énergie pure que les Sangdragons appelaient, à tort ou à raison, le Coeur du Monde.
Une escorte, composée des membres du Conseil de la veille, l'accompagnait à sa destination. Derrière eux, le peuple suivait. Il n'était pas coutume d'assister aux exécutions, mais celle-ci était différente. La voyageuse allait avoir le privilège de toucher le Coeur du Monde, et tous étaient curieux du pouvoir qui allait se manifester.
Une immense file indienne se bousculait donc dans le Grand Escalier, cette série de marches quasiment infinie qui s'engouffrait en colimaçon dans le pilier supportant la cité, pour rejoindre le lieu le plus profond du monde: le fond du Gouffre de Babel. Une fois en bas, on disait que plus que cinquante kilomètres les séparaient de la surface.
L'ancien poussa la jeune femme dans le dos pour la faire entre dans la salle qui leur faisait face. Elle s'était attendu à une grotte, mais il s'agissait d'une sorte de temple, entièrement construit de ces cristaux lumineux parsemant le Gouffre. Elle remarqua cependant que ces derniers n'étaient pas rouges comme les autres, mais teintés de noir. Une lumière en émanait toujours, mais elle était sombre, presque malsaine.
La condamnée entra dans l'édifice. A l'intérieur, il n'y avait qu'une seule grand pièce. Des gradins encerclaient le centre. Ce dernier était une vaste zone plate, large de plusieurs dizaines de mètres. Une sphère noire, en lévitation au dessus d'un piédestal, faisait office de noyaux. Alors que le peuple investissait les lieux peu à peu et s'installait à sa guise, la jeune femme observa la sphère. Elle était assez grande pour qu'un homme y pénètre entièrement. Mais surtout, elle semblait vivante. Sa surface n'était pas lisse comme on l'aurait cru en entrant dans la pièce. Des fibres sombres se mouvaient constamment en son contour, sautant hors de la sphère puis y replongeant, en s'entremêlant avec grâce. Les Sangdragons appelait cela le Coeur du Monde, mai la voyageuse y croyait de moins en moins. Une puissance sombre se dégageait de cette boule d'énergie. La sphère n'était que ténèbres, source des ombres et des maux qui sévissaient en ce monde. Ce fut tout du monde son ressenti.
Lorsque la pièce fut remplie, Grey leva les deux mains pour réclamer le silence. Il fut exaucé dans l'instant. Il prit finalement la parole.
- Chers compères, nous nous présentons ce jour devant le Coeur du Monde, afin de remettre le destin d'une invitée à son jugement. Je vous prie de tourner toutes vos pensées vers elle, car elle sera, dans tous les cas, honorée. Comme une déesse, si la sphère juge qu'elle est celle qu'elle attendait. Ou comme une offrande, le cas échéant, et le Coeur du Monde se renforcera de son énergie vitale. L'heure de vérité est venue. Faites-lui honneur!
Un tonnerre d'applaudissements s'ensuivit. Ils n'étaient pas destinés au discours de leur conseiller, mais bien à la jeune femme. Les membres du conseil qui lui adressaient la parole se présentèrent tour à tour devant elle. Le premier fut Ezekiel:
- Bon courage, mon amie. Dans le pire des cas, nous nous reverrons un jour, derrière le voile. Nous y finirons tous à un moment donné! clama le basané souriant.
Il avait dit ceci d'un air enjoué, comme à son habitude. Kaïne prit sa suite. Ce qu'il lui souffla fut bref:
- Je fais confiance à Grey, murmura-t-il. Nous allons nous revoir. Avance sans crainte.
Pour finir, le Sangdragon d'Argent, Grey Arkanis lui-même, lui posa la main sur l'épaule.
- A bientôt, mon amie. Ou adieu. N'oublie pas, lorsque tu iras rejoindre le Coeur du Monde. Nous ne t'infligeons pas une sanction. Il ne s'agit que de coutumes, et je tente de te sauver la vie, tout en réalisant une prophétie que mon peuple a été trop prompt à oublier. Va!
Il la contourna, et rejoint les rangs des Conseillers, debout à quelques mètres derrière elle. Elle prit une profonde inspiration, puis avança. Chaque pas qui la rapprochait de l'énergie sombre semblait plus lourd. Elle pensa d'abord qu'il s'agissait du poids de sa conscience, mais il était probable que la puissance de la sphère accentue la gravité de manière réelle. Elle posa le pied sur la première marche du piédestal. Les sentiments qu'elle avait en elle s'évaporaient peu à peu. Elle ne frissonnait plus, ne transpirait plus. Plus de peur, ni de colère, encore moins d'envie. Sa volonté s'estompa rapidement, et elle n'accomplit finalement qu'un geste programmé, guidé par la volonté de cette puissance immatérielle. Elle atteint le sommet du promontoire, et tendit le bras vers la substance obscure. Celle-ci grésilla. Le fils qui la parcouraient lui léchèrent les doigts, puis, comme s'ils y prenaient goût, commencèrent à les encercler, puis à remonter le long de son bras. Elle ne ressentit aucune douleur. Lorsqu'elle fut entièrement recouverte pas les ombres, la sphère vrombit, fut prise d'un soubresaut, grossit l'espace d'une fraction de seconde, et sembla s'ouvrir. Un courant de ténèbres s'engouffraient de la surface vers l'intérieur, à la manière d'un tourbillon en mer, ou d'un trou noir. La jeune femme fut instantanément aspirée.
Puis ce fut le noir complet.

Ã

Elle n'aurait su dire combien de temps s'était écoulé. Seule dans le néant, un afflux d'énergie se déversait en elle. Elle sentait son pouvoir grandir au-delà de ce qu'un corps mortel pouvait supporter, sa connaissance s'étoffer de notions étrangères au cerveau et à la logique humaine. Et surtout, si ses sentiments se faisaient tout petits, comme reclus dans un coin de son passé, sa volonté de vengeance envers ceux qui l'avaient poussé à l'exil, elle, croissait jusqu'à la démesure.
Les filaments de ténèbres s'estompèrent finalement. Il entrèrent en elle comme ils le faisaient dans la sphère. Le néant qui l'accueillait fut lui aussi aspiré dans son corps, et la lumière éclata à nouveau. Elle fut renvoyée à la réalité, tombant à genoux sur le piédestal. La sphère n'était plus. Ou plutôt, elle était la sphère. Le public s'en était allé. Elle en déduit que plusieurs heures, voire plusieurs jours s'étaient écoulés. Elle se redressa à genoux. Elle cru d'abord qu'elle était nue. C'était le cas, mais son nouveau pouvoir répondit à sa pensée. Les tissus noirs sinuèrent autour d'elle, et la revêtirent d'une armure sombre, lui dessinant même une cape et une capuche. Elle se leva, et rabattit cette dernière pour dégager ses cheveux.
Un bruit retentit. Sans se retourner, elle sut que c'était Grey. Celui-ci souffla pour lui-même:
- Miséricorde! J'avais vu juste...
Puis il fit volte-face à toute allure, certainement pour rameuter les membres du Conseil. La jeune femme n'y prêta pas attention. Elle était impatiente de tester ses nouveaux dons. Elle sentait en elle une capacité de destruction sans égale. Et ce paradoxe, la possibilité de créer à partir de rien. Elle donna naissance à un faucon, qui se nicha sur son épaule. Il n'était pas constitué de chair, de plumes et de sang, uniquement d'ombres, et pourtant, à le sentir se mouvoir, à entendre son cri, elle était sûre qu'il reproduisait à la perfection les aptitudes et le comportement qu'aurait eu un vrai animal.
Une heure s'écoula, et elle perçu un bruit dans le Grand Escalier. Les Sangdragons arrivaient. Ils étaient encore loin, mais comme l'intégralité de ses sens, son ouïe s'était accrue considérablement. Il finirent par arriver dans la salle. Grey était de retour, accompagné par Kaïne, Ezekiel, et tous ceux qui l'avaient plus tôt condamnée. Ils la trouvèrent désormais entourée d'une multitude de créations ténébreuses. Les trois premiers approchèrent, puis s'agenouillèrent devant elle. L'ancien et ses acolytes approchèrent à leur suite, incapables de se débarrasser de leur air ébahi. Tremblants, ils ployèrent le genou à leur tour.
- Déesse! clamèrent-ils en coeur. Nous sommes à votre service.
Elle balaya la phrase d'un geste de la main et se leva, puis s'approcha d'eux.
- Je ne compte nullement vous gouverner, annonça-t-elle. Mais j'ai besoin que votre peuple grandisse. Que votre pouvoir croisse et que vos conquêtes prospèrent. Alors, je dissous le Conseil des Arcanes.
Ils grimacèrent, mais personne ne protesta. Elle poursuivit:
- Les Sangdragons seront à présent gouvernés par un aigle à trois têtes. Grey, Kaïne, et Ezekiel. Ceux qui, apparemment, misent sur la bonne décision. Quant aux autres, vous resterez leurs conseillers. Je ne souhaite pas vous retirer votre importance. Seulement, seuls ces trois prendront les décisions.
L'ancien secoua la tête.
- Je vous remercie de votre clémence, Déesse. Il en serait fait selon votre souhait.
Un souvenir traversa alors l'esprit de la jeune femme.
- Inutile de m'appeler Déesse. Je ne suis pas une divinité, de la même manière que votre sphère n'était nullement le Coeur du Monde.
Grey se releva, et ses compagnons l'imitèrent tour à tour.
- Comment convient-il de vous appeler, dans ce cas? s'enquit-il.
Elle sourit:
- Je crois que mon nom des Fiefs m'a rattrapée jusqu'ici, mes amis. Il est de circonstance. Vous pouvez m'appeler... Noire.

A suivre.

Liève se ramène au salon complètement Ssismik!


Rieumajou (31), le dimanche 7 décembre !



Petite nouvelle si vous n'avez pas suivi les loulous, mes amis de Liève et d'Eviel et moi seront présent au salon de l'imaginaire Fantassismik début décembre à Rieumajou, sur le stand de Kitsunegari Editions en compagnie de plusieurs autres auteurs de la maison !

Vous pourrez donc venir nous rencontrer, obtenir des dédicaces, partager des cookies (fake), ou admirer mon cosplay de Lan McShine (re-fake) pendant cette journée!

L'entrée du salon est gratuite pour les visiteurs et le programme à l'air très intéressant pour toute personne mordue d'imaginaire ! Alors n'hésitez pas à faire un tour, surtout si vous êtes assez près (le festival ne durant q'un jour nous comprendrons que vous ne fassiez pas le déplacement depuis Canada - et si par hasard c'est le cas ramenez-moi un caribou).

Sur ce, à bientôt peut-être les zamis ! =D


Pour plus d'infos, quelques liens:

Contes et Légendes d'Ailleurs


Illustration du mot "conte", ici plutôt de mise. L'image est une oeuvre de 1943407 (oui, c'est un pseudo xD).

Que sont les Contes et Légendes d'Ailleurs ?

Il s'agit de récits courts que j'écris au fil du temps. Ils sont encore trop peu nombreux pour faire l'objet d'un ouvrage complet, et je m'en sers, à vrai dire, plutôt pour mettre des idées en place, des idées qui seront peut-être le point de départ de futurs romans, qui sait ?

Je mets donc ces textes en lecture libre ! Faites vous plaisir !

Je suis lecteur, je peux aider ?

Oui! Il y a plusieurs manières de m'aider si vous lisez ces textes.
Il suffit de commenter cet article, si l'un de ces textes vous semble être intéressant, suffisamment pour qu'il devienne "plus" qu'un court récit. En tant qu'auteur, je n'ai que ma vision personnelle, et la vôtre est un atout pour déterminer quel texte à du potentiel, et lequel n'en a pas!

Et le lien alors ?

Eh, minute papillon! Il arrive, voilà !

- Téléchargement des Contes et Légendes d'Ailleurs (Archive-Host, format .doc).

PS : ce fichier sera remplacé si j'écris d'autres textes, pour les ajouter. Je noterais les mises à jour en fin d'article à chaque fois qu'il y en aura.

Les Chroniques de Liève - Tome 1 : De l'autre côté



Résumé :
Spoiler:
{Andy vit seul depuis la mort de ses parents et la disparition de son frère. Pour survivre il a besoin de deux choses : des boulots pas très catholiques qui lui apportent un peu d'argent, et Alix, sa meilleure et seule amie, qui lui apporte un peu de joie. Seulement, sans le savoir, le jeune homme se met à dos Ray Bull, le fils d'un des patrons de la Pègre locale, et attire des ennuis, non seulement à lui-même, mais aussi à Alix.

De l'autre côté du Pont, le professeur Lan McShine vient d'écrire un livre qu'il n'a pas souhaité publier et enseigne depuis peu à l'université d'Eviel. Alors qu'il tente de remettre sur le droit chemin une élève qui l'intrigue énormément, Lan fait une rencontre peu commune : Irvine Onyx, un motard mystérieux et dangereux qui n'a rien à faire dans un bar, car il est censé se trouver...dans son livre.}


Auteur : Tom Elemsis
Broché, 238 pages
Genre : Science-fiction, Thriller
Editeur : Kitsunegari Editions


Achetable directement chez l'éditeur!

Mot de l'auteur : Ce roman est mon tout premier terminé. Il m'a pris deux longues années même s'il est lui-même assez court. D'abord auto-édité, il a été choisi par Kitsunegari Editions pour être l'une de ses premières publications, et démarrer ainsi une belle histoire! Cet univers est promis à une trilogie, des tomes 2 et 3 sont donc à venir!

Chroniques de Bloggers :

- L'avis des Lectures d'Avril
- L'avis de LegoLegitisLegitimus
- L'avis de Regina-Falange
- L'avis de L'Alchimie des Livres
- L'avis de Celimene
- L'avis de Virgi-lit

Illustrations diverses :
Spoiler:
Version fantaisiste de Line Blott, par Angellan



Version réaliste de Line Blott, par Angellan


Alix Pullin, par Angellan



Idée de départ du roman, ce simple schéma. Pas très artistique, avouons-le.

Blog littéraire inside!


Illustration cyberpunk par Florian de Gesincourt.
Ici choisie pour illustrer la Liève du futur.


Aloha les amis!

Bienvenue sur le blog d'Elemsis Chronicles! De quoi s'est-ce qu'il s'agit? (belle tournure de phrase approuvée par l'Académie Française promis)

Et bien ce blog est officiellement lié à mes écrits, donc à la trilogie de romans en cours Les Chroniques de Liève ainsi que quelques nouvelles, et bien d'autres choses à venir.

Le blog permettra de lire les nouvelles en ligne, tant qu'elles ne sont publiées nulle part, et d'avoir des infos quant à mon avancée pour les romans. Les événements ponctuels liés à ces écrits, qu'ils soient organisés par moi seul ou en partenariat avec la maison d'édition, seront newsés ici même.

Sur ce, bonne journée/soirée/cequevousvoulez, en attendant les prochains articles!